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Sabotage Baby de Ohad Naharin
Sabotage Baby  

 

 


  
Ohad Naharin revient à Lyon


Tambours battants, la Maison de la Danse inaugure sa saison 2001-2002 avec un grand, un très grand de la danse contemporaine : Ohad Naharin. Les Lyonnais connaissent quelques unes de ses pièces qui ont déjà été jouées à Lyon. Cette fois-ci, ils auront non seulement la chance de découvrir une nouvelle pièce de l'Israélien, mais aussi - plus rare à Lyon - de voir ou revoir la compagnie qu'il dirige depuis 10 ans : la Betsheva Dance Compagny.

 

Une des figures majeures du ballet moderne

Sabotage Baby à la Maison de la Danse. Copyright : G. Dagon.

 

Chorégraphe reconnu pour son art, voire son génie à briser les conventions de la danse, Ohad Naharin n'en a pas moins réussi à élargir et rajeunir l'audience de cet art.

Subtil alchimiste, il élabore une danse à la fois puissante et sensuelle ; il puise son inspiration dans le corps humain et les posibilités qu'il renferme.

Parfois jugée difficile, les chorégraphies de Naharin ne s'inspirent pas d'histoire ou de faits : sa danse "ne se raconte pas, elle s'éprouve".

Plus encore, Ohad Naharin affirme s'adresser à la conscience des spectateurs, non pas celle qu'ils ont de lui, mais celle qu'ils ont d'eux mêmes. Au final, "la chorégraphie de Naharin touche l'âme, surprend l'œil et excite les sens" (Attitude).

 

Une carrière fulgurante

 

1952, Ohad Naharin naît dans un kiboutz. L'homme est musicien avant d'être danseur ; ce n'est qu'à 22 ans qu'il se frotte à la danse. Pourtant son ascension est fulgurante ; il est formé par les plus grands de l'époque : Martha Graham (1976) qui le qualifie de " danseur naturel " et Maurice Béjart (1977). Dans les années 1980, il collabore avec Jiri Kylian, autre grand de la danse, qui dirige le Nederlands Dans Theater.

Ohad Naharin ne perd pas de temps ; dès 1980, il créé sa première chorégraphie : "Haru No Umi" Le public accueille chaleureusement ce ballet. La critique s'enthousiasme ; pour Richard Philip - Dance Magazine -, " Ohad Naharin a un impressionnant sens du style en tant que danseur et chorégraphe.. (il) fait partie de ces jeunes talents fort prometteurs qu'il faut surveiller de près avec plaisir ". Quatre ans plus tard, Ohad Naharin fonde sa propre compagnie, la Ohad Naharin Compagny. Il se produit à travers tous les Etats- Unis et l'Europe, et réalise une tournée en Chine.

En 1990, sonne la consécration ; la Batsheva Dance Compagny de Jérusalem fait appel à lui. Il en devient alors le directeur artistique. La boucle est bouclée ; c'est au sein de cette compagnie alors dirigée par Martha Graham qu'il effectuait ses premiers pas de danse. A l'heure actuelle, Ohad Naharin a une vingtaine de pièces à son actif.

 



Des chorégraphies connues et aimées des Lyonnais

Privilégiés, les Lyonnais ont déjà eu la chance d'apprécier ses chorégraphies à de nombreuses occasions : "Black Milk" et "Tabula Rasa", deux de ses pièces, sont entrées au répertoire du Ballet de l'Opéra de Lyon et sont régulièrement reprises par les danseurs.
En 1998, sa compagnie, la Batsheva Dance Compagny, débarque pour la première fois à Lyon, dans le cadre de la Biennale de la Danse. A l'Auditorium, la Batsheva interprète " Anaphase ". Un triomphe !

Finie la morosité de la rentrée, la Batsheva est de retour entre Rhône et Saône ; "Sabotage Baby" est à l'affiche de la Maison de la Danse pour six représentations.
La première mondiale de cette pièce - 26 novembre 1997 -, donnée au Tel-Aviv Performing Arts Center, s'insérait dans le cadre de la célébration du cinquantième anniversaire de l'Etat d'Israël. Et pourtant, la pièce ne contient aucun discours, aucune illusion, aucune idéologie. Les deux parties du spectacles se contentent d'être un poème chorégraphique tout à la fois complexe et subtil.

Le spectacle est soigné et verse dans l'étrange.... Etrangeté soulignée par les jeux de lumières signés Bambi qui travailla longtemps avec Les Floyds.
Etrangeté renforcée par un décors mouvant.
Etrangeté incarnée par une musique jouée en direct par une incroyable galerie de machines métalliques aux formes tout autant incroyables.

Bref, un spectacle étonnant, insolite, d'où se dégage une émotion forte. e

La Batsheva Dance Compagny à la Maison de la Danse

 

 

 

 

 

 

Sabotage Baby à la Maison de la Danse. Copyright : G. Dagon



Notre avis

Un spectacle peut-être difficile, loin des pièces "Black Milk" et "Tabula Rasa" que le Ballet de l'Opéra de Lyon présentait l'an dernier à la même époque. La "machine à sons" produit une musique dissonante, déroutante, voire agaçante. On a parfois du mal à accrocher à cette danse qui se veut expérimentale : Ohad Naharin ne veut pas raconter d'histoire ; il est donc ardu de suivre ce ballet qui "n'a pas de sens".

Pourtant la compagnie atteint une perfection technique brillante. C'est un spectacle total : l'espace scénique est entièrement occupé et maîtrisé ; la lumière, très travaillée, donne beaucoup de relief à la pièce ; les costumes, d'abord très simples, se compliquent et surprennent, notamment, lorsque apparaissent des danseurs montés sur échasses. En effet, Ohad Naharin fait appel à des techniques de théâtre de rue. Il joue sur différents registres, de la violence à l'humour. Deux passages sont cocasses : la princesse chinoise et la danseuse à échasses chantant en play-back sur la voix d'Yma Sumac.

La montée en puissance de "Sabotage Baby" fait oublier une première partie un peu rude : dans le final, tous les membres de la compagnie chantent et dansent en canon… Saisissant !


Lionel Martin et Julien Berthet


A la Maison de la Danse

8, avenue Jean Mermoz
Lyon 8ème

Renseignements : 04 72 78 18 00 www.maisondeladanse.com

Dates des spectacles

mardi 11 septembre 2001 20h30
mercredi 12 septembre 2001 19h30
jeudi 13 septembre 2001 20h30
vendredi 14 septembre 2001 20h30
samedi 15 septembre2001 20h30

 

Sabotage Baby

Chorégraphie
Ohad Naharin
Musique
Peter Zegveld,
Thijs van der Poll
(Orkater/Music Theater)
Prelude mechanique pour le Nederlands Dans Theater et la Batsheva Dance Company
Etude mechanique pour la Batsheva Dance Company

Costumes
Rakefet Levy
Lumières
Bambi
machines musicales
Peter Zegveld
son
Frank van der Weij
Cha-Cha de Amor (chanté par Dean Martin, Yma Sumac et Rolley Polley)
musique traditionnelle du Mali

 

A la Maison de la Danse

Crédit Photos :
G. Dagon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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