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Georges Mattelon - L'un des derniers tisseurs de la Croix-Rousse
Georges Mattelon
 



Paroles d'un canut...





          Quelques phrases à la volée, tirées d'un entretien avec Georges Mattelon... Il n'y a que lui, en effet, pour trouver les mots justes.




          Sur son atelier :

          " Le matériel est installé ici depuis 1860. C'était un grand atelier croixroussien qui comprenait neuf métiers, cinq là et quatre au troisième étage. Celui qui tenait cet atelier en 1860 était un grand maître tisseur. Il avait organisé son atelier d'une façon parfaite. Il avait calculé pour ses deux mécaniques que lorsqu'il passait de l'uni au façonné il ne démontait rien du tout, au contraire de tous les autres ateliers.
           A la Croix-Rousse tout se passait dans la même pièce. Du coté des fenêtres il y avait les métiers et derrière il y avait l'appartement qui comprenait généralement une petite cuisine éclairée par les métiers, une alcôve, et en-d'ssus il y avait les sous-pentes, ce qu'on appelle mezzanine aujourd'hui. Alors dans le temps il n'y avait pas d'escaliers, on montait à l'échelle. "


          A propos de l'un de ses métiers :

          " Ce métier là c'est aussi un ancêtre. Il date de 1830. Il avait servi à l'origine pour faire la tapisserie d'un palais d'Aix-en-Provence. Les cafards sont divisés en barreaux et dans chaque barreau on fait passer un fil de soie. Il y a 8 barreaux et 8 fils de soie. Dans la largeur il y en a 16 000, et avant de pouvoir travailler faut les passer trois fois. Alors, quand le patrimoine m'a demandé de restaurer ce métier, il fallait trouver une dame qui sache passer les fils là-dedans. Et j'ai cherché et j'ai trouvé une dame qui était à la retraite depuis quinze ans et qui avait monté un métier comme ça quand elle avait dix-huit ans. Elle n'en avait jamais remonté d'autre. 372 heures pour passer tous les fils, avant de pouvoir tendre la chaîne et de commencer à travailler. "



          A propos d'un autre vieux métier et d'un tissu très spécial :

          " Alors là vous avez un métier de taffetas, c'est un métier qui fonctionnait déjà sous l'Ancien Régime. Il a été un peu modernisé, bien sûr, mais enfin c'est le même principe. Ici il y a deux marches, pas de mécanique, avec un système de lève et baisse. Ces métiers là étaient actionnés par les dames car ce sont des métiers qui sont assez légers. Ce tissu, pratiquement, il n'est faisable qu'à la main. Il n'y a pas de machines qui font une pièce correcte aujourd'hui dans ce tissu. Alors c'est un tissu qui vous donne trois couleurs. Le terme technique, c'était " Caméléon ", mais en 1900 c'était la grand' mode de ces tissus là, et les dames appelaient ça " gorge de pigeon ", parce qu'on faisait une chaîne gris perle, et on tramait ciel et rose.
          Alors ces tissus là mon ami Roger Gavaggio en a vendu à des grands couturiers : vous avez là une robe Delacroix, Lapidus, Nina Ricci, et un tailleur en argent fin et soie Givenchy. "


          L'évocation des tordeuses :

          " Il y avait 6 ou 7 ouvriers au maximum. Sur les 9 métiers il y en avait toujours un qui servait d'attente, pour que les ouvriers ne perdent pas trop de temps. Parce que entre la fin d'une chaîne .. par exemple voilà un métier qui est fini, on va préparer la chaîne, on va nouer tous les fils de l'ancienne avec la nouvelle. Alors évidemment ça d'mandait du temps. Aujourd'hui évidemment ya des machines, qui nouent les fils, mais dans l'temps, ya environ trente ans c'était les " tordeuses ", qui venaient dans les ateliers nouer l'ancien fil avec le nouveau. Pour les bonnes tordeuses croix-roussiennes c'était un travail indépendant. C'étaient des dames qui travaillaient soit en groupe soit seules chez elles. On allait les r'tenir, et pis elles venaient tordre la chaîne. Quand une tordeuse avait fini sa chaîne on la payait, et elle s'en allait vers un autre tisseur ou elle allait se promener. Les bonne tordeuses arrivaient à nouer 1600 fils a l'heure. C'étaient des mécaniques, elles avaient une dextérité extraordinaire. Et à partir de 1950 il y a eut des machines à nouer, le métier est tombé. "

 


 












           G.Mattelon


. La soierie

. Le dernier tisseur de la Croix Rousse

. Une histoire du mot "canut"

. Paroles de canut

. Le petit lexique du "canut"

 

 

 

 

 

            

 

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