L'interview 1
Un homme, un métier
LP : Sans indiscrétion, quel
est votre âge ?
J 'ai 48, 49 ans

Escalier à vis
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LP : Cette passion pour Lyon cache-t-elle un
lyonnais
pure souche ?
Oui
oui tout à fait, je suis né à Lyon. J'ai vécu
mon enfance entre Lyon et Cerdon dans l'Ain, d'où venait
ma famille, mais je suis lyonnais dans l'âme. Lyon est une
question de culture familiale. 
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LP : Quelle est votre formation
?
J'ai
tout d'abord été formé à la menuiserie, avec
mon père. J'ai ensuite attaqué les Beaux Arts à Lyon.
J'ai tenu trois mois et j'ai fini l'école en dix ans grâce
à des cours du soir
On perd trop de temps à l'école
! J'ai aussi mis les pieds à la faculté Lyon III en sciences
humaines, sans jamais finir une année. Enfin, j'ai fait une école
d'architecture. A 32 ans j'ai passé et obtenu mon bac en candidat
libre. 
LP : Tout
homme évolue grâce à son entourage. Certaines personnes
ont-elles su vous guider dans cette voie ?
Bien
sûr. Je dois beaucoup à certaines personnes que je n'oublierai
jamais. Ma famille, principalement mes grands-parents, ont su me donner
le goût de l'Histoire et des histoires.
Aux Beaux Arts, Pierre Vincendon, un professeur extraordinaire, m'a beaucoup
appris également. Ce sont enfin tous les Lyonnais qui me guident
et vers qui je me tourne sans hésitation.
Intérieur cour d'une Traboule Lyonnaise
LP : Comment définiriez-vous
votre métier ?
J'ai
un statut aux yeux de la loi française très particulier.
J'ai réussit à obtenir le statut de profession libérale,
et j'ai été admis comme comédien, du fait que mon
métier se rapproche du théâtre de rue. Mais ceci n'est
qu'une question de termes
En effet je suis " comédien
" et non guide, je fais des " spectacles audiovisuels "
et non des conférences
Bref. 
LP
: Pensez-vous être historien ou guide touristique
?
Je ne me
pose en aucun cas comme historien. Je trouve le titre ronflant. En plus
je n'ai pas fait d'études d'histoires je ne suis donc pas historien.
J'estime que je fais un tout autre métier : il n'y a qu'à
voir les livres des historiens, qui peuvent être très vite
imbuvables. Moi je préfère les petits guides qui tiennent
dans une poche. Je n'aime pas aborder l'histoire de Lyon par le grand
coté de la lorgnette. 
LP : Votre métier finalement,
vous l'avez un peu forgé de toutes pièces
Comment
en êtes-vous arrivé là ?
Après mes
études atypiques, je suis entré dans plusieurs cabinets
d'architecture et j'y suis resté durant sept années au cours
desquelles j'ai énormément appris. Cependant je m'y sentais
assez mal, surtout au niveau de l'ambiance qui y régnait
Et puis je me suis posé la question : quand j'aurai 60 ans et que
je regarderai derrière moi, quel bilan vais-je faire de ma vie
? Ceci fut une prise de conscience.
En 1986, je me suis mis à mon compte en tant que graphiste indépendant.
Je suis ensuite devenu éditeur. Je sortais surtout des plans, qui
ont bien marché et qui marchent encore.
C'est là que j'ai
fait une autre rencontre qui a bouleversé ma vie pour la seconde
fois : les Neyret, et leur association Renaissance du Vieux
Lyon, créée en 1946. Ils ont sauvé le Vieux Lyon
des projets de percée du quartier qui prenaient de plus en plus
d'ampleur. C'est ainsi que j'ai commencé à être guide
dans cette association. Cependant les guides officiels de l'Office du
tourisme de la ville de Lyon n'étaient pas du même avis et
ne concevaient pas qu'un homme sans diplôme puisse s'investir guide
du Vieux Lyon. Ce n'est que lorsque ma notoriété a été
un peu plus assise que l'Office du Tourisme m'a demandé d'être
guide chez eux et m'ont embauché. Je suis toujours salarié
de l'Office du Tourisme mais je suis guide indépendant et j'y tiens.

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La voix Off de la Sorcière
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